La mesure  ·  Fiche

La dépense énergétique, mesurée plutôt que devinée

Ta dépense énergétique, c'est tout ce que ton corps brûle en 24 heures. Aucune formule ne la connaît vraiment : au quotidien, la façon la plus fiable de l'approcher, c'est de la lire dans l'évolution de ton poids face à ce que tu manges.

Ce que recouvre ta dépense énergétique

La dépense énergétique totale, ou TDEE (pour total daily energy expenditure), c'est toute l'énergie que ton corps brûle en 24 heures. Elle se répartit en trois postes :

Comment on la mesure

En laboratoire, on la mesure par calorimétrie indirecte : l'oxygène consommé et le gaz carbonique rejeté disent combien d'énergie ton corps produit. Sur plusieurs jours, la référence est l'eau doublement marquée, précise mais réservée à la recherche. Au quotidien, il reste trois approches :

Pourquoi deux personnes ne dépensent pas pareil

Les formules les plus connues — Harris-Benedict, la plus ancienne, puis Mifflin-St Jeor en 1990 — ont été construites sur des groupes de personnes. Elles donnent une moyenne de population, pas ta valeur : pour un individu, l'erreur peut dépasser plusieurs centaines de kilocalories par jour.

Un repère : pour une femme de 30 ans, 61 kg, 1,68 m, avec une activité occasionnelle, la formule donne environ 1 350 kcal au repos et 1 890 kcal par jour. Une autre femme du même gabarit peut pourtant dépenser plus, ou moins, pour deux raisons que la formule ignore :

Pour un premier ordre de grandeur selon ton profil : combien de calories par jour.

Ce qui la fait bouger

Le bilan observé : mesurer plutôt que deviner

Si ton poids est stable sur plusieurs semaines, tu manges à peu près ce que tu dépenses. S'il baisse ou monte, l'écart entre tes apports et ta dépense se lit dans la pente. Au lieu de deviner ta dépense, on la déduit de ce que ton corps fait réellement : c'est la seule approche du quotidien qui converge vers ton métabolisme, et pas vers celui d'une moyenne.

Pour convertir des kilos en énergie, on utilise en général 7 700 kcal par kilo. C'est une approximation utile sur quelques semaines, pas une loi exacte : sur le long terme, elle surestime la perte, parce que la dépense baisse à mesure que le poids diminue, comme l'ont montré des modèles publiés dans The Lancet en 2011.

Autre piège : d'un jour à l'autre, la balance bouge surtout avec l'eau et le glycogène, les réserves de sucre de tes muscles et de ton foie, stockées avec de l'eau. Un dîner salé ou riche en glucides suffit à la faire monter le lendemain, sans un gramme de graisse en plus. D'où l'intérêt d'une tendance lissée plutôt que de la pesée du jour.

Comment Ecleptic la lit

L'app applique exactement ce principe, en deux temps. Au départ, faute de données, elle estime ta dépense avec l'équation de Mifflin-St Jeor, multipliée par un facteur d'activité selon ton niveau sportif : 1,3 débutant, 1,4 occasionnel, 1,55 régulier, 1,7 intensif.

Ensuite, elle croise la tendance de ton poids, lissée et débarrassée des pesées aberrantes, avec tes apports réellement enregistrés (voir La nutrition) :

14 jD'apports croisés avec ton poids
10 jDemi-vie de la tendance de poids
10 / 14Jours de repas enregistrés, au minimum
3Pesées minimum sur la période

La conversion retient 7 700 kcal par kilo, ou 5 500 quand ton objectif est la prise de masse. Le passage de la formule à ta mesure est progressif et amorti, et les estimations invraisemblables, trahies par des repas oubliés, sont écartées. Ta dépense est réestimée chaque nuit, et tes cibles de calories et de macros en découlent : tout le détail sur Les cibles. Ces cibles comptent à leur tour dans le pilier nutrition du Readiness Score.

Limites, et quand consulter

Le bilan observé ne vaut que ce que valent tes données : des repas oubliés font croire à une dépense plus basse, des pesées rares retardent la mesure.

Ecleptic est un outil de bien-être, pas un dispositif médical : il ne pose aucun diagnostic. Une perte ou une prise de poids inexpliquée, sans changement de tes habitudes, mérite l'avis d'un médecin. Même chose si tu es enceinte, si tu as une maladie chronique ou des antécédents de troubles du comportement alimentaire : c'est à un professionnel de fixer tes apports. Et si tu fais des malaises, ressens des palpitations ou un essoufflement anormal en réduisant tes apports, arrête et consulte ; en urgence, appelle le 15 ou le 112.

Références

  • Mifflin M. D., St Jeor S. T. et al. (1990), nouvelle équation du métabolisme de repos chez l'adulte sain, American Journal of Clinical Nutrition. doi:10.1093/ajcn/51.2.241
  • Hall K. D. et al. (2011), quantification de l'effet d'un déséquilibre énergétique sur le poids, The Lancet. doi:10.1016/S0140-6736(11)60812-X

Questions fréquentes

Comment calculer sa dépense énergétique journalière ?

Une formule comme Mifflin-St Jeor estime ton métabolisme de repos à partir de ton poids, de ta taille, de ton âge et de ton sexe ; multipliée par un facteur d'activité, elle donne un point de départ. Pour connaître ta dépense réelle, le plus fiable reste de comparer tes apports à l'évolution de ton poids sur au moins deux semaines.

La règle des 7 700 kcal pour perdre un kilo est-elle vraie ?

C'est une approximation utile sur quelques semaines, pas une loi exacte. Sur le long terme, elle surestime la perte, parce que ta dépense baisse à mesure que ton poids diminue, et d'un jour à l'autre, l'eau et le glycogène font varier la balance bien plus que la graisse.

Pourquoi je ne perds pas de poids alors que je suis en déficit calorique ?

Souvent, le déficit n'existe que sur le papier : une formule peut surestimer ta dépense de plusieurs centaines de kilocalories par jour, et des repas oubliés faussent le compte. L'eau retenue peut aussi masquer une perte réelle pendant quelques jours : juge la tendance sur deux semaines ou plus, et parles-en à un médecin si ton poids évolue sans explication.

La suite logique

Tu viens de lire la méthode.
L'app l'applique à toi.

Ecleptic croise ton sommeil, ton alimentation et ton entraînement en un seul score, chaque matin. La bêta iOS est ouverte à un petit cercle.

Demander l'accès